Programmes de TF1 renationalisée

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TF1 nationalisée

Grille des programmes et nouvel organigramme

Président : Philippe Lefait
Directeur de la rédaction : Philippe Val
Présentatrice du JT de 13 h : Laurence Bobillier
Présentateur du JT de 20 h : Rachid Arhab
Présentateurs de la météo : On garde Evelyne Dhéliat assistée de Michel Cardoze et ses savoureuses allusions à Ramon Gomez de la Cerna
Directeurs des programmes : Bernard Pivot
Directrice des divertissements : Eve Ruggieri

Programme

De minuit à 2 h : Concert pop/rock/variété française
De 2 h à 4 h : clips pop/rock/variété française
De 4h à 7 h : vidéos artistiques crées spécialement par des vidéastes sur fond de musique classique, jazz, et musique contemporaine.
De 7 h à 9 h : Journal et magazine d'actualité
De 9 h à 11 h : séries télé cultes des années 60 à 90 (Chapeau melon et bottes de cuir, la quatrième dimension, Au delà-du réel, Belphégor, Anne jour après jour, Amicalement vôtre, La petite maison dans la prairie, Columbo, Code quantum, le prisonnier, le fugitif, Friends, Remington Steel, Au coeur du temps, la cinquième dimension, Slider, Urgences).
De 11 h à midi : jeu de culture générale
De midi à 13 h : émission médicale
De 13 à 14 h : JT
De 14 h à 17 h : séries et documentaires inédits.
De 17 à 19 h : émission culturelle promouvant le théâtre, le cinéma, la musique, la peinture et les musées.
De 19 h à 20 h : une heure consacrée à une association humanitaire pour promouvoir les Droits de l'Homme (Médecins du monde, Médecins sans frontière, Ligue des Droits de l'Homme, Amnesty International, Association Daniel Balavoine, Fondation de France, Sida info service, Action internationale contre la fain, Emmaüs, Restos du coeur, Ligue contre le cancer, Associations contre les maladies orphelines, Association des sourds-muets, LICRA, SOS racisme).
De 20 h à 20 h 30 ; JT
De 20 h 30 à 20 h 35 : Météo
De 20 h 35 à minuit : films (les lundi et jeudi, télfilms (le mardi), série récente (mercredi) opéra et émission consacrée à la musique classique(vendredi), émission littéraire (samedi), ciné-club (dimanche).

# Posté le lundi 14 août 2006 21:34

Fiche de lecture 2

Fiche de lecture 2
Anatole France : L'histoire contemporaine

En 1897, Anatole France commence la rédaction de sa célèbre tetralogie "L'histoire contemporaine". Les stéréotypes antijuifs et antimaçonniques laissent penser que le romancier est réactionnaire. Un des personnages, Worms-Clavelin, Juif et franc-maçon, est l'archétype haï des nationalistes et des antidreyfusards. Le premier volet de la série "L'orme du mail" laisser planer un doute sur les convictions de France. Mais dès le deuxième roman "Le mannequin d'osier", le romancier dissipe le doute grâce à son personnage de Bergeret, philosophe et philologue, républicain et rationaliste, humaniste et amoureux des animaux (les descriptions de son petit chien Riquet sont très touchantes). Bergeret ridiculise les antisémites et les nationalistes, il explique pourquoi l'innocence de Dreyfus ne fait aucun doute. L'enfance de Bergeret, le romancier n'est pas allé la chercher très loin car c'est la sienne. On s'identifie donc à Bergeret autant qu'à Anatole France. Comme Zola et Jaurès, le romancier est passé de l'antisémitisme stéréotypique au philosémitisme éclairé. On peut même trouver deux passages de "Monsieur Bergeret à Paris" dressant un éloge implicite à la franc-maçonnerie. "L'histoire contemporaine" est plus qu'une série de romans, c'est l'oeuvre de la remise en question, de la recherche de la vérité.

L'Histoire contemporaine est une tétralogie, une satire de la société contemporaine à son auteur. Son héros principal, Bergeret, est un humaniste qui passe le plus clair de son temps à philosopher sur la vie. Il est professeur de littérature latine et enseignant à l'université dans une ville de province, Tourcoing, dans les trois premiers volets. Dans le dernier, il obtient une promotion en étant nommé à la Sorbonne. Bergeret aime dialoguer avec son prochain. On le voit converser avec l'archiviste Mazure dans la librairie Paillot. Mazure est un jacobin médisant et amer. Le docteur Fornarol est un autre de ses comparses. Il aime parler des sciences et de médecine. Terrmondre est un riche campagnard, collectionneur et amateur d'art. Madame de Gromance est la belle jeune femme du quartier que courtise Terremondre. Parmi tous ces personnages haut en couleurs, on trouve un vieux général légitimiste, Cartier de Chalmot et sa femme très pieuse qui dirige des sociétés de charité. L'intrigue des trois premiers volets est simple. Plusieurs des personnages jouent de leurs influences pour faire nommer l'abbé Guitrel, aux idées larges et conciliant avec la République, évêque de Tourcoing contre son adversaire Lantaigne plus fermé et austère. Guitrel l'emportera mais contre toute attente il écrira au Président de la République pour défendre l'Eglise contre les pressions fiscales imposées par l'Etat. C'est au cours du troisième volet : L'anneau d'améthyste est l'occasion de décrire les points de vue des nationalistes et des réactionnaires face à l'Affaire Dreyfus. A partir de ce troisième épisode, Bergeret apparaît clairement comme le double d'Anatole France. Le romancier a pris parti pour le capitaine innocent et dénigre donc les bourgeois, les aristocrates et les ennemis de la République. Bergeret affronte l'antisémitisme de ces personnages avec courage (il est insulté et ses vitres sont brisées par des judéophobes qui l'assimile aux Juifs qu'il défend).

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# Posté le mardi 15 août 2006 05:30

Fiche de lecture 3

Fiche de lecture 3
Marche ou crève


Stephen King est malheureusement déconsidéré par "l'intellegentsia" pourtant ses romans sont souvent bien pensés et bien écrits (à part "Rêves et cauchemars" et la fin du "Fléau" que je trouve bien faible par rapport au reste du livre qui est excellent). Certains critiques littéraires et profs d'université voudraient tellement classer King parmi les auteurs de "paralittérature" classe qui représente pour eux la poubelle de l'écriture. J'aurais aimé parler de tous les ouvrages de King que j'ai lus mais il y en bien trop alors je choisis un des plus courts et des meilleurs : "Marche ou crève". A priori l'histoire est simple mais elle renferme une analyse cinglante de la société contemporaine. Finalement King reprend d'une façon différente le thème de"Running man". Ici aussi, il s'agit de risquer sa vie pour gagner beaucoup d'argent. Ils étaient 100 au départ, bientôt il n'en restera plus qu'un !
Et tous les concurrents l'entendent comme cela.
Mais au bout de plusieurs heures de marche, les héros réalisent que l'argent n'est pas l'essentiel, ce qui compte, et il l'ont compris trop tard, c'est le sens que l'on entend donner à sa vie.

« On vous donnait trois avertissements. La quatrième fois qu'on passait au dessous des 6,5 km/h, on était... Et bien on était éliminé de la Marche. Mais si on avait trois avertissements, il suffisait de marcher trois heures, on se retrouvait comme au départ. »

King pose tout un tas de questions que ses personnages tournent dans leurs têtes : "pourquoi suis-je ici ?", "Ai-je commis une erreur ?", "Qui gagnera ?", "Aurai-je la force de continuer ?". Bien au-delà d'une course contre la mort, il s'agit d'une course pour la vie : quel est l'objectif qui nous guide ? Que représente les autres pour nous ? Au cours du roman, des coups bas, des adversités mais aussi des gestes humanistes et solidaires parsèment la course des jeunes hommes. Et bien plus que l'issue de la course c'est le chemin qui y a conduit qui compte pour King car c'est ça qui a transformé le vainqueur bien plus que l'argent qu'il va gagner
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# Posté le mardi 15 août 2006 05:37

Desolation

Desolation
Desolation : Du fantastique à tendance mystique
Ce roman de Stephen King, le maître de l'horreur, a la particularité d'insérer la métaphysique par l'intermédiaire du jeune héros : David Carver. Sur la route 50, un policier local arrête les rares passants pour les conduire dans sa ville, Desolation. Ses premières victimes sont Mary et Peter. Le couple a eu la malchance de se faire voler une plaque d'immatriculation, prétexte qui amène le flic a fouiller dans le coffre et trouver la drogue que la soeur de Peter avait cachée sous la roue de secours. Peter et Mary sont conduits à Desolation, ville qui porte bien son nom. Le flic fou abat froidement Peter et conduit Mary en prison où se trouvent d'autres victimes, les Carver, et Billingsleu, un vieux vétérinaire alcoolique.
En réalité, Entragian, le flic, n'est pas fou. Il est une sorte de démon qui s'est emparé du corps d'un flic de Desolation. Il a envouté la ville grâce à ses pouvoirs sur les hommes et les bêtes (coyottes, araignées, scorpions, busards, serpents). Le démon veut tuer, c'est son seul but mais il va trouver quelqu'un pour le contrer, David, le petit "cul-bénit" comme il l'appelle. Aux pouvoirs diaboliques d'Entragian s'oppose la foi du petit David. Foi si puissante qu'elle a réussi à guérir Brian, le meilleur ami de David, qui était végétatif après un accident de la route.
Les compagnons d'infortune de David sont tantôt ébahis, tantôt incrédules devant les prières et la force de la croyance du petit garçon. C'est surtout, Marinville, le grand écrivain qui est le plus dubitatif. Ancien alcoolique, Marinville s'est fait arrêter par le Démon sur la route 50 alors qu'il roulait sur sa Harley dans le but de parcourir les Etats-Unis et trouver l'inspiration pour un nouveau livre.
David et Marinville sont deux forts caractères qui vont s'affronter. Les autres personnages ne sont que les faire-valoir de David et Marinville. Comment David et ses compagnons sortiront des griffes du Démon ? Sortiront-ils tous indemnes de cette mésaventure ? La fin du roman est empreinte de mysticisme christique mais cela n'est pas choquant car Stephen King n'use jamais de la religion de façon incongrue. Celle-ci est vraiment un élément moteur de l'histoire. Desolation est un bon roman à lire en parallèle avec "Les régulateurs" son complément écrit par Richard Bachman (pseudo de King).


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# Posté le mardi 15 août 2006 06:59

Lucien Rebatet

Lucien Rebatet
Lucien Rebatet : un itinéraire fasciste


Belot, Robert.- Lucien Rebatet, un itinéraire fasciste, Paris : Seuil, 1994
Pourquoi vouloir faire connaître Rebatet en 1994 ? La question, visiblement, obsède Robert Belot. Le livre dont il est l'auteur n'y répond pas vraiment. Par sympathie fasciste visiblement puisqu'il s'en défend presque à chaque paragraphe. Son ouvrage est constitué de nombreuses sources inédites utilisées : articles de presse, livres de Rebatet, archives privées qui ne sont malheureusement pas bien répertoriées dans les pages de notes. Robert Belot révèle à quel point il est difficile de savoir pourquoi un intellectuel comme Rebatet a commis un crime contre l'intelligence et contre sa patrie. La première partie du livre de Belot montre un Rebatet gourd et timide avec les femmes issu d'une petite bourgeoisie (un père notaire) et d'une éducation religieuse (qui l'a rendu anticlérical). Puis on assiste à la montée en puissance du fasciste qui déversa à longueur d'articles dans L'Action Royale d'abord et Je suis partout, sous l'Occupation, sa fascination pour le nazisme et sa haine du marxisme, de la " cataracte démocratique ", de la République, des parvenus de Vichy mais surtout des juifs.

Ses articles et ses pamphlets déclenchèrent des arrestations, et Robert Belot démontre même que sa plume vindicative fut fortement délatrice (Rebatet dénonça un gaulliste rencontré par hasard lequel témoigna contre lui lors du procès du pamphlétaire). Idéologiquement, Rebatet s'inscrit dans la droite ligne du collaborationnisme. Politiquement, son engagement fut purement théorique, il quitte la Milice aussitôt après y avoir adhéré, il hésite entre les deux fascistes français rivaux Déat et Doriot.A l'automne 1942, souligne Robert Belot, le succès imprévu des Décombres n'a pas changé l'image de son auteur : son pamphlet de 664 pages vendu à 65 000 exemplaires et largement diffusé au marché noir, n'a guère été compris ; il a sans doute été lu par les Français qui se délectaient de leur propre déliquescence mais n'a pas permis pamphlétaire de trouver avec ce succès de librairie un tremplin politique. Belot s'attache surtout à comprendre la genèse d'un pamphlétaire fasciste que Sartre a qualifié de salaud. Robert Belot que Rebatet lut Rimbaud et Proust avec passion, que ses études de droit et de philo furent médiocres qu'il " fit l'artiste " à Montparnasse dès 1923. qu'il vit dans le besoin jusqu' en février 1930, dès lors, il sort de sa vie médiocre et passive en prenant en charge une rubrique cinématographique à l'Action française et des piges sur la musique à Radio-Magazine. TOUT s'est joué chez lui entre 1930 et 1935, et Robert Belot aurait dû tenter de cerner et de hiérarchiser davantage les processus d'identification du journaliste à la cause extrémiste. C'est bien _ vraie révélation du livre _ à travers le cinéma que Rebatet a cru repérer l'emprise nouvelle du Juif sur le cours du monde. Sa critique, moderne et intelligente, sachant saluer le génie américain à l'écran, entichée de Scarface avant d'abdiquer devant Leni Riefenstahl, montre qu'il a saisi les mécanismes des démiurgies du XXe siècle et raffolé de ses mythologies de la violence. Mais cette logique esthétique ne suffit pas à le faire basculer, faute sans doute de moyens intellectuels pour théoriser un peu plus la révélation des images.
C'est plutôt la fréquentation des plateaux et des producteurs qui excite son antisémitisme. C'est la victoire de Hitler, l'affaire de Rhénanie puis la victoire du Front populaire qui enragent sa haine raciale, son enquête de 1935 sur les étrangers en France, pour Je suis partout _ où il recommande l'ouverture de camps de concentration pour émigrés trop récents _, qui la systématise. Etrange cheminement qui n'a rien d'intellectuel et dont le populisme trivial engendrera chez Rebatet une longue et conflictuelle perplexité face au " père ", ce Maurras national qui rompra avec " cette petite gouape " à la sortie des Décombres. Un parcours qu'à tout le moins, et toutes proportions gardées, il eût été intéressant de comparer avec celui d'un certain petit peintre, à Vienne avant 1914. On sort donc du livre de Belot fortement instruit, mais pas définitivement éclairé sur une adhésion de plus en plus frénétique.
Rebatet n'était pas prédestiné, mais la collaboration fut bien le vrai moment où il dénuda son intime vérité. Son Occupation est en continuité avec son avant-guerre, sinon avec sa jeunesse, mais sans qu'ait été mise en oeuvre au service du " fascisme français " une vocation aussi rectiligne que le dit, après Zeev Sternhell, ce savant livre de bonne foi. Le mystère n'est donc pas entièrement dissipé. Il serait, certes, très commode d'appliquer à Rebatet le mot de Forain : " Il se vomit lui-même, mais sur les autres. " Ce serait pourtant oublier qu'être ignoble, cela s'apprend.
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# Posté le mardi 15 août 2006 07:02